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Les Troubadours

 

 

Aimeric de Peguilhan
(1175 - 1225)

Fils d'un marchand de drap toulousain, Aimeric de Peyguilhan tombe amoureux d'une bourgeoise, sa voisine, et cet amour lui enseigna le trobar.
Devant l'avancée des croisés venus combattre Raimon VI, Aimeric quitte Toulouse pour l'Italie du nord où il rencontre d'autres exilés occitans.
Il y écrit "Le néant, le rien, le vide", c'est aussi l'avenir sombre qui se dessine pour la poésie, sur fond de croisade albigeoise". Aimeric revient à Toulouse pour retrouver la dame qu'il avait quitté, après 10 ans passés en Italie.

Aimeric de Peguilhan - du nom d'un village près de Saint Gaudens est un poète renommé, reconnu et souvent cité par ses contemporains, jusqu'à Dante un peu plus tard.

Il est considéré comme maître dans l'art du "trobar", c'est à dire l'art poétique propre aux troubadours.

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BN Ms fr 854 fol50v

Bertran de Born
(vers 1140 - vers 1210)

Né dans une grande famille périgourdine, Bernard de Born est un personnage à part dans le monde des troubadours.

S’il sait chanter la fin’amor selon les règles, il s’illustre surtout par une poésie guerrière. Belliqueux de nature, il participe activement aux querelles politiques du temps.

Mais il manie l’épée au fil de sa plume satirique, exaltant la guerre, se montrant aussi fin observateur des comportements et caractères à travers des considérations lapidaires.

Il devient ainsi le maître incontesté du " sirventés" (poésie satirique) auquel il donne ses lettres de noblesse.

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BN Ms fr 12473 fol160

Peire Cardenal
(vers 1180 - vers 1278)

Originaire du Puy-Notre-Dame, issu d’une famille noble, c’est un des personnage les plus hauts en couleurs de la littérature méridionale. D’abord poète de l’amour et poète de cour, il mène une vie quelque peu mondaine. Mais rapidement, sa véritable se fait jour : le drame de la croisade contre les Albigeois fait de lui le chantre de la résistance à la barbarie et les "sirventés" virulents se multiplient.

Il est homme dans son temps et juge le monde qu’il observe sans indulgence : il refuse l’hypocrisie, le faux, la perversion; la décadence. Droit, exigent, il devient le grand moraliste de ses contemporains, et sa pensée s’accompagne d’un art précis, incisif. Esprit très religieux, héritage de ses études de clerc en partie, son lyrisme est également empreint de sacré et se met au service de la gloire de l'Église et de l'Évangile et du respect des préceptes chrétiens. Luttant contre les injustices de la croisade contre les Albigeois, ardent défenseurs de l’ordre du monde et de sa "patrie" occitane, l’homme puise son réconfort et sa joie dans l’idéal d’un art d’aimer parfait, conforme à morale et mesure.

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BN Ms fr 854 fol 164

Cercamon

(1ère moitié du XIIème)

Gascon et d’un milieu humble lui aussi, son nom d’emprunt signifie "Cherche le monde", signale une activité de poète itinérant, situation fréquente pour une certaine catégorie de troubadours. Maître de Marcabru, il sait néanmoins tirer des enseignements de son "élève" et nous laisse une oeuvre riche et subtilement nuancée.

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BN Ms fr 12473 fol 1198

Giraut de Bornelh (milieu du XIIème - vers 1220 )

Si les critiques modernes n’ont guère retenu ce poète, il est cependant considéré en son temps comme le maître des troubadours.

Certes, son écriture ne manifeste pas une recherche particulière de la forme, quoique sa poésie un plaisir esthétique réel, un agrément, appréciés alors.

C’est que sa visée est autre : il met un art dont les règles sont bien définies au service d’une éthique, d’une morale ; il veut élever les hommes à un code de conduite digne, les éduquer, tout en les distrayant, démarche typique de la mentalité médiévale méridionale à qui se sent une vocation humaniste.

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BN Ms fr 12473fol 4

Guillaume IX de Poitiers
(1071-1127)

Duc d’Aquitaine (1086), père de la fameuse Aliénor d’Aquitaine.

Il est l’un des premiers troubadours dont soient parvenus jusqu’à nous les différents écrits. Il a bénéficié en ceci, à l’inverse de ces prédécesseurs probables, de son statut de grand seigneur qui permit à sa poésie d’être fixée sur le parchemin (ce dernier n’étant alors destinés qu’aux seuls écrits "sérieux"). Il participe -outre ses activités politiques- à l’essor et à l’expansion de la Fin amor et des troubadours, à la cour de Poitiers, premier centre d’expression et de rayonnement de la courtoisie occitane.

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BN Ms fr 854 fol 164

Raimon Jordan
(1130 - 1190)

A travers sa canso " Amors no-m posc partir ni dessebrar", Raimon exprime toute sa sensibilité poétique de l’homme éternellement amoureux. Il dit vouer sa vie à l’amour pour l’amour, presque tragiquement puisqu’il pressent qu’il en mourra, avec un certain fatalisme. Cependant, il n’y a ni résignation ni pessimisme dans l’acceptation de son sort, excepté peut-être un accent de nostalgie qui convient à sa vocation de poète. C’est sciemment, volontairement que Raimon s’en remet à son destin : il est chevalier et serviteur d’Amour et ne tentera rien pour s’en défaire. Aimer : but ultime et joie suprême, toute spirituelle. Il est ainsi fidèle à la ligne de conduite dictée par la Fin’amor, code courtois méridional. : il est au service d’un idéal dominé par l’Amour ; et ce serait lâcheté, trahison, que d’agir autrement et de se détourner de Dame Amour.

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Marcabru
(vers 1110 - vers 1150)

D’origine modeste, peut-être même enfant trouvé. Son activité littéraire, de 1130 à 1150 (environ), se caractérise par une moralisation de la Fin’ amor : il met en garde contre les risques de transgression de la morale chrétienne, dont il se fait le colporteur, inhérents à une Fin amor mal pratiquée. Maître et novateur dans son art, il est d’abord jongleur (probablement gascon) et disciple d’un autre troubadour, Cercamon.

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Raimbaud d’Orange
(2nde moitié du XIIème - vers 1150-1173)

Seigneur d’Orange et mécène, tenant sa cour où il accueille les plus illustres troubadours (Giraut de Bornelh), il est lui-même poète, habile d’ailleurs et reconnu. Sa poésie se caractérise par une recherche formelle constante, qu’il est le seul à avoir poussée le plus loin, une technicité qui la rend quelque peu difficile d’accès, mais aussi un certain humour.

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Jaufre Rudel
(1ère moitié du XIIème : 1100-1170? - dates approximatives )

Noble seigneur de Blaye (Guyenne), il est généralement considéré comme le troubadour par excellence. Il restera, en effet, exclusivement fidèle au registre de la Fin’amor qu’il porte à un très haut degré de finesse formelle et de délicatesse dans les sentiments. Il chante l’amour lointain, inaccessible, ce qui lui vaudra la légende de l’amoureux malheureux de la Comtesse de Tripoli.

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pas de photo

Bernart de Ventadour
( fin du XIIème - meurt vers 1180)

De modeste extraction, il n’a de Ventadour que le nom de son lieu de naissance, mais il n’en fut pas moins un protégé d’Aliénor d’Aquitaine et de Raymond V de Toulouse.

Sa poésie est toute entière consacrée à l’amour dont a disparu la quête mystique qui pouvait s’y associer.

Cet amour sublimé est source de sentiments exaltés qui vont entre joie irradiante et non-être, mort de l’âme : on comprend qu’il fut le grand inspirateur du romantisme.

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BN Ms fr 12473 fol 15

Peire Vidal
( Fin XIIème - début du XIIIème - on perd sa trace vers 1205)

Fils d’une famille aisée de Toulouse, ce troubadour est à la fois un poète de l’amour et un homme public : options politiques et amours tumultueuses sont étroitement liés.

Esprit libre et indépendant, il s’instaure en conseiller des suzerains, et son franc parler lui vaut quelques revers du destin !

Son oeuvre à l’esthétique travaillée et présente, émouvante, légère, nous conserve l’image d’un amoureux éternel mais à chaque fois passionné et sincère ; elle amorce aussi une nouvelle forme de l’art des troubadours.

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BN Ms fr 12473 fol  27

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